![Maroc - UE : Un chantier de décarbonation fructueux… sous conditions ! [INTÉGRAL] Maroc - UE : Un chantier de décarbonation fructueux… sous conditions ! [INTÉGRAL]](https://www.lopinion.ma/photo/art/default/80943313-58351835.jpg?v=1718270452)
« Le Maroc a pris à cœur l’urgence climatique comme en témoigne ses engagements exemplaires, notamment sur l’adhésion aux objectifs de l’accord de Paris de 2015 », a-t-il ajouté lors de l’événement tenu sous le thème « La décarbonation, enjeux et procédures pour les entreprises marocaines », notant que « c’est pour cela que le Maroc et l’Union Européenne (UE) se sont engagés à travailler ensemble ». Il a ainsi souligné l’importance majeure du partenariat vert bilatéral, « le premier du genre au monde », conclu en soutien aux réformes entreprises par le Royaume dans les domaines des énergies renouvelables et nouvelles. Car oui, les entreprises exportatrices qui traînent en matière d’économie verte payeront, sans doute, de lourdes factures aux Etats. Outre l’action gouvernementale pour promouvoir cette démarche, l’Association Marocains des Exportateurs (ASMEX) a également lancé une série d’initiatives en amont pour préparer le tissu économique national. « L’ASMEX accorde une grande attention aux restrictions imposées par les marchés en matière de réduction des émissions de CO2, et alerte ses membres pour s’y préparer à l’avance afin de leur permettre d’éviter, dans la mesure du possible, tout blocage et toute perte de compétitivité », nous indique Hassan Sentissi El Idrissi, Président de l’Association, notant que cette dernière a créé une Commission dédiée aux Energies Vertes qui organise des actions de sensibilisation à travers les régions du Maroc afin de proposer des solutions en matière de décarbonation à travers le recours aux énergies propres.
Ceci dit, le chef de coopération à la délégation de l’UE a affirmé que la neutralité carbone nécessite des financements mais surtout des idées, de l’énergie et de la mobilisation de tous pour construire ensemble un futur durable et une transition juste vers une société inclusive.
Un point partagé par le directeur de la BERD au Maroc, Antoine Sallé de Chou, qui déclare que leurs actions aux Royaume prennent leur rythme de croisière, ce qui reflète la dynamique très positive que l’on voit au niveau de l’économie et de l’investissement. Cette dynamique touche les différents secteurs dont l’industrie, l’énergie renouvelable mais aussi les PME, qui constituent une grande priorité, a-t-il insisté.
Par ailleurs, il est à noter que le grand défi aujourd’hui que le Maroc devrait relever concerne la verdisation des secteurs des transports, de la production d’électricité et du résidentiel qui sont les trois secteurs clés pour la décarbonation du mix énergétique du Maroc. Les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) liées à l’énergie du Royaume atteindraient 163 Mt- CO2eq en 2050, si les actions du Maroc demeurent dans le statu quo. Le secteur des transports représenterait à lui seul 55 % des émissions totales de GES liées à l’énergie. Les émissions de ce secteur peuvent être réduites à 31 MtCO2eq et 15 MtCO2eq d’ici 2050 respectivement, notamment par une électrification accrue des usages finaux de ce secteur.
3 QUESTIONS À HASSAN SENTISSI EL IDRISSI : « NOUS SOMMES OBLIGÉS DE DÉCARBONER POUR CONTINUER À EXPORTER VERS L’EUROPE EN 2026 »
- L’ASMEX est mobilisée pour organiser des ateliers sur la décarbonation au profit des exportateurs marocains. Quels sont les enjeux liés à cette mobilisation ?
- Quelles sont les activités que l’ASMEX organise pour accompagner et encourager cette décarbonation ?
- Pensez-vous que la conformité des exportateurs marocains aux exigences de décarbonation de l’UE sera atteinte d’ici 2026 ?
STRATÉGIE BAS CARBONE : LES GRANDES AMBITIONS DU ROYAUME
Pour ce faire, le Royaume qui prépare sa Stratégie de développement bas carbone à l’horizon 2050, indique qu’il compte procéder à l’accélération du développement des énergies renouvelables pour une électricité décarbonée. A cela s’ajoute l’augmentation de l’électrification des usages dans l’industrie, le bâtiment et le transport. L’encouragement de l’économie circulaire et la réduction et la valorisation des déchets, sont également prévus dans la feuille de route nationale.
![Maroc - UE : Un chantier de décarbonation fructueux… sous conditions ! [INTÉGRAL] Maroc - UE : Un chantier de décarbonation fructueux… sous conditions ! [INTÉGRAL]](https://www.lopinion.ma/photo/art/default/80943313-58351865.jpg?v=1718270279)
TAXE CARBONE : MEZZOUR APPELLE LES ENTREPRISES INDUSTRIELLES À ACCÉLÉRER LA CADENCE
Afin de parvenir à une décarbonation efficace, les entreprises industrielles doivent prioriser l’utilisation d’énergies à faible empreinte carbone, telles que l’électricité renouvelable, dans leurs opérations et leurs processus de production, a-t-il recommandé du fait que les objectifs de la décarbonation s’imposent de plus en plus fermement aux industriels et deviennent un critère de choix pour leurs clients.
Dans une déclaration similaire, Hassan Sentissi, Président de l’ASMEX (voir 3 questions à…), avait souligné que l’obstacle majeur qui s’oppose dans ce chantier, particulièrement pour les PME, est le financement. L’ASMEX a pris ce facteur en compte en s’associant à des partenaires apportant et les solutions technologiques et les financements nécessaires. « Nous avons déjà proposé des solutions innovantes pour les industrielles, et nous cherchons d’autres solutions économiques proposées par des opérateurs bancaires internationaux afin que les entreprises marocaines puissent accéder à l’utilisation des énergies propres », a rassuré Sentissi.

![Maroc - UE : Un chantier de décarbonation fructueux… sous conditions ! [INTÉGRAL] Maroc - UE : Un chantier de décarbonation fructueux… sous conditions ! [INTÉGRAL]](https://www.lopinion.ma/photo/art/default/80943313-58351869.jpg?v=1718270348)